Il est rare de trouver un film de genre bien écrit, non ? Il y en a bien sûr beaucoup (je pense par exemple à « Shoot them up »), mais comparé aux inepties que l’on voit si souvent, ils se découvrent comme une oasis dans le Sahara. Avez-vous des exemples ? Voici le mien : « Pandorum », de l’allemand Christian Alvart, est sorti dans les salles en Septembre 2009. Peut-être l’avez-vous vu ?
C’est un film de Science-fiction qui mêle Noir et Horreur dans un savant dosage complètement saisissant et époustouflant. On y suit les (més)aventures de deux membres d’équipage d’un vaisseau spatial qui se réveillent après un long séjour cryogénique. Ils souffrent aussitôt d’amnésie partielle, qui est, dans la fiction du film, un effet secondaire normal pour ce genre de congélation, si bien qu’on découvre leur environnement et leur situation en même temps qu’eux. Et quel stress, dès le début, on ne nous donne pas beaucoup d’espoir.
Leur vaisseau n’est pas un de ces havres high-tech et aseptisés Star-Trekkiens, mais rappelle plutôt le sous-marin de « Das Boot », avec ses couloir claustrophobiques, ses tuyaux humides et ses humains terrorisés et perdus. Bien sûr, il y a eu un problème. Bien sûr, personne ne sait vraiment où le vaisseau se trouve, en fait, personne ne sait vraiment trop comment même accéder à la cabine de pilotage, c’est dire…
Il est rare de voir un film de genre aussi bien écrit. J’ai adoré le scénario, qui se déroule comme un mouvement d’horloger sans pour autant être prévisible. Les « twists » sont bien là, jusqu’au bout, et on ne lâche jamais prise, on perd espoir en même temps que les personnages, on souffle en même temps qu’eux et on en ressort avec ce Noir qui perdure… J’ai adoré.
Il me semble que M. Alvart a non seulement apprécié « Das Boot », mais doit être également fan des vieux films de Jeunet et Caro, car on y retrouve certains éléments (mais l’humour en moins). Certains passages font subtilement penser à un jeu vidéo, et c’est exprès, cela fonctionne, et d’ailleurs ce film ferait un excellent jeu.
Petit détail en passant, j’ai trouvé dans ce film des thèmes que j’aborde moi-même dans mes écrits assez souvent, à tel point qu’on aurait pu me traiter de plagiat si je n’avais pas publié ma nouvelle « La longue illusion » en 2008. Mais rassurez-vous, si ma nouvelle était clairement nerdo-geek, le film, lui, ne l’est pas.
Finalement, comme une cerise sur le cadeau, l’actrice Allemande Antje Traue est magnifique, une très heureuse découverte pour ma part… Je recommande chaudement aux amateurs de ces genres.



















